Le reveil sonne 6h30, avec ce bip stressant et répétitif. A peine le temps de m'habiller et déjeuner que je me retrouve dans le bus, affronter une foule morne et des averses sur le chemin du campus de l'université. Ecouteurs Köss sur les oreilles, loudness et basses réglées, impossible de ne pas calmer ma nervosité habituelle du lundi et cette maudite impression que tout va mal, le cumul de boulot devenu ingérable et les cours qui s'enchaînent dans des salles où la lumière artificielle rend dépressif. Tournant en rond, la routine et les nerfs à fleur de peau, cela me rend limite parano (« Paranoid »). L'après-midi prend une tournure interminable, les heures passent trop lentement et toujours les gouttes d'eau qui ruissellent sans cesse le long des fenêtres. Je déteste le lundi. Le soir rentré sous la pluie, fatigué, je monte à l'étage et dépose mes affaires sur mon lit, puis me replonge dans mon travail à faire mais impossible de se concentrer. Replié sur moi-même seul dans ma chambre, l'album passant en musique de fond sur la piste éponyme « Mindstate », confiné dans mes propres pensées et tentant de retrouver le moral, plongé dans une mélancolie et essayant de me raviser, pensant à la famille, aux amis qui comptent sur moi (« Grateful »). Au lieu de cela, je frise la crise d'angoisse et ne ferme pas l'oeil de la nuit (« Insomnia »), m'énervant en regardant les heures défiler...
...et me faisant reveiller par cette même sonnerie que je hais de plus en plus chaque jour. Les cernes jusqu'aux genoux, je me sens curieusement d'attaque (« Motivated ») pour entamer cette journée et régler mes petits tracas, gérer les obstacles. Confirmation dans mon horoscope de Sagittaire. La journée passe vite, et sur le chemin du retour, le soleil fait une éclaircie entre les nuages comme une lueur d'espoir (« Hope » feat Talib Kweli) sur un air de piano, dévoilant des arbres tuméfiés d'eau en train de verdir naturellement dans un décor urbain grisant. Le sourire me revient aux lèvres malgré la fraîcheur du vent, ravivé par une bonne humeur soudaine et, une fois rentré, expirant un bon coup par fatigue peut-être, et surtout soulagé par les bonnes nouvelles du jour (« Relieved »). Finalement, c'était si simple d'être enthousiaste, encore plus lorsque le texto d'une amie vient faire vibrer mon téléphone portable juste avant d'aller me coucher: elle est d'accord pour le rencard de mercredi soir. C'est agréable de pouvoir enfin dormir l'esprit tranquille en pensant à la fille convoitée.
Le mercredi matin, le réveil fut comme d'habitude difficile, avec cette fois une sainte fainéantise qui pousse ma conscience à me dire ne pas aller en cours sans me sentir responsable, cela s'appelle la flemmingite (« Lazy »). Debout vers 11h, je traine jusque la cuisine pour prendre mon petit-dejeuner, prend mon temps sous la douche en rêvassant et appréhendant mon rendez-vous galant en début de soirée. Pourtant il va bien falloir que j'occupe mon après-midi et garder patience. Appréhension, stress, peur de l'échec, beaucoup de questions passent par ma tête. Avance-rapide jusque 20h avec la demoiselle en question, qui déjà me rend complètement dingue rien qu'en la regardant et en l'écoutant parler. Suggestion de la soirée, petit resto sympa pour parler de tout et de rien, se connaître un peu plus tranquillement. Mais alors que je la raccompagne lors d'une petite promenade digestive dans les rues illuminées, j'ai la terrible envie de l'embrasser (« Eager »). Ce qui n'a pas manqué quelques instants juste avant qu'elle me quitte. Finalement on ne s'est pas quitté de la soirée, profitant de quelques instants de sérénité et d'affection pendant que toutes les questions s'effacent peu à peu (« Mellow »).
On ne peut que mieux décrire 'Mindstate' lorsqu'on ressitue les choses dans des situations de la vie de tous les jours. Les récits de Pete Philly sont aussi vrais que les productions de Perquisite sont impeccables. La moralité de l'histoire: il faut vivre pleinement ses sentiments, ses humeurs, ses passions et ses états d'âme.


