Chronique - Mobb Deep : Blood Money

Chronique - Mobb Deep : Blood Money
Résonnant comme l'un des groupes les plus réputés du Hip-Hop, les Mobb Deep nous reviennent en cette année 2006, soit approximativement 13 ans depuis le premier essai 'Juvenile Hell' quand ils n'étaient que des enfants terribles de Queensbridge. En autant d'années écoulées, tout n'a pas été aussi rose dans la carrière du groupe, faisant souvent la une des médias le plus souvent pour de multiples rumeurs
(séparation, embrouilles,...) et de critiques sur leur évolution artistique. En 2004, 'Amerikaz Nightmare' a selon, certains fans, définitivement marqué le point de chute artistique entre le Mobb Deep des débuts et leur nouveau style. La cause de tout cela: des collaborations inhabituelles, laissant donc moins de place a leurs accolytes de toujours (Big Noyd, Infamous Mobb,...) et l'impression d'une légère préférence aux gros tubes et aux artistes en vogue (même Lil Jon).

Ce choix a forcémment une raison, celle-ci en est probablement une: repris par Jive Records depuis peu, il fallait donc qu'ils assurent leurs arrières avec des ventes qui les mettraient dans une position confortable. Mais de la même manière qu'un tout nouveau groupe essayant de percer, les labels font table rase si les résultats prévus ne sont pas atteinds. Et c'est ce qui leur arriva avec l'insuccès de 'Amerikaz Nightmare' malgré leur application à bien faire. Pour autant l'album reste efficace, mais les fans le boudent ne s'y retrouvant pas. Rapellons qu'ils leur étaient arrivé exactement la même chose au tout début de leur carrière avec le label 4th & Broadway qui les avait envoyé balader après 'Juvenile Hell'. Cependant Loud Records leur avait accordé une seconde chance, et heureusement car on connait tous les succès qu'ils ont connu après cela.

Light that shit
Mais Prodigy et Havoc ne désespèrent pas pour autant, restent confiants et relativisent la chose en se disant que Jive Records était une bonne structure mais qui était plus dans la tendance Rnb (avec R Kelly, Britney Spears,...), alors que Mobb Deep est un groupe de rue. A partir de ce moment une proposition leur est faite, venue d'un label qui jouit de sa côte de popularité dans les ventes d'album et d'une image médiatique à haute dose: il s'agit bien évidemment de l'empire G Unit Records avec à sa tête le bien nommé Curtis "Billion Dollar Budget" Jackson aka 50 Cent. Cette démarche d'attérir dans une structure comme celle-ci n'était pas bien sûr sans avantage ni inconvénient pour la renommée du groupe....

Peut-on leur en vouloir d'avoir signé dans une maison contestée, souvent détestée, mais qui pour autant est synonyme de réussite alors qu'aucune autre possibilité venait à eux? Certains voient bien sûr la chose d'un oeil méfiant, pensant tout de suite qu'ils étaient plus attiré par l'appât du gain qu'autre chose. Bien sûr qu'ils l'ont été et qui ne le serait pas! Un label qui leur apporte sur un plateau la possibilité de sortir un disque, de l'argent et une côte de popularité médiatique qui leur fera une bonne promotion, ils auraient été bêtes de passer à côté de ça... Cependant le plus important est la musique et il reste à savoir quels seraient leur mot à dire sur la tenue de 'Blood Money', car il y a toujours certaines contraintes à respecter.

Smoke that shit
Petite mise en bouche d'un 'Smoke It' qui de part ses trompettes et percussions nous ouvre agréablment bien le bal d'un CD attendu de tous. Pour les fans de la première heure, ce changement de piste en a fait grimacé plus d'un. De toute façon chaque prise de position ne peut faire l'unanimité, mais ils tentent de les rassurer en disant que 'Blood Money' sera 100% Mobb Deep et que leur seul but est de ramener à eux en plus les auditeurs de 50 Cent. Le premier morceau sous leur nouvelle étiquette est "Outta Control (remix)" sur une production Dr Dre. Un tube teinté mi-west mi-east, qui ne laisse personne indifférent et qui présage d'un sceau avisé le retour en force des Mobb Deep. Ce single est présent en tant que bonus, l'autre étant 'Have A Party' featuring Nate Dogg que l'on a déjà pu entendre sur la BO du film de 50 Cent.

Jusque là tout nous était déjà assez familier, voyons ce que nous réserve la suite. Comme convenu aucune collaboration extérieure à la clique, sauf la présence de la douce voix de Mary J Blige sur l'un des meilleurs morceaux de l'album, plus frais qu'un Tic Tac ('It's Alright'). Et si le beat d'Havoc vous est peut-être connu, c'est tout simplement parce qu'Alchemist a utilisé le même sample du groupe Side Effects sur le morceau 'Tick Tock' où posaient déjà Prodigy ainsi que Nas. On retrouve justement le même producteur sur sa seule contribution avec le titre 'The Infamous' où l'on retrouve encore une fois 50 Cent, qui est en tout présent sur six morceaux. C'est vraiment le point que l'on regrette le plus sur cet opus, le manque de présence au micro de leurs anciens partenaires: c'est vraiment un point de plus qui donne l'impression à certains qu'ils ont voulu se démarquer de leurs racines alors qu'en fait non.

Premier single: 'Put Em In Their Place'. Un son lourd lourd lourd concoté par le trio Sha Money XL, Ky Miller et Havoc, aux lyrics certes pas recherchés mais explicitement faits pour choquer et annoncer la couleur de leurs ambitions (i.e. se faire un maximum d'argent peu importe la manière pour y arriver). Une chanson vraiment à part dans l'album. La texture musicale du groupe à certes nettement changé mais on ressent toujours le côté obscur propre et unique au groupe, qui nous emmène dans des univers variés et tout aussi étonnant les uns que les autres. Pour cela il vous suffit d'écouter par exemple 'Stole Something' pour s'en rendre compte, une ambiance planante et intriguante s'en dégage où vient se mêler Lloyd Banks. Mais aussi 'Creep' pour sa production particulière qui va crescendo-decrescendo avec une boucle certes trop courte et répititive mais qui amène le groupe à explorer d'autres horizons.

Avec le succès déjà acquis depuis longtemps le groupe a bien évidemment des discours différents depuis, mais reste toujours dans les même thèmes comme les femmes, le quartier, l'argent et business en tout genre (dont il est maintes fois question comme le présume bien la pochette), et qui restent assez ridicules par moment. Pour ramener un peu de calme à l'ambiance pesante de 'Blood Money', des morceaux plus légers sont là comme le bon 'In Love With The Moula' (prod. J.R.), adoucissant les tympans avec ses touches de piano, mais aussi l'air de 'Pearly Gates' (prod. Exile). L'autre morceau qui se dégage également bien de ce disque c'est 'Give It To Me' avec un Young Buck toujours aussi énergique, le second single imparable qui fait mouche le tout sur un sample hindou. Le flow d'Havoc et surtout celui de Prodigy sont souvent critiqués depuis les précédents albums, certains y voyantt du laisser-aller, d'autres lui trouvent une raison avec sa maladie, mais peu importe ce que chacuns pensent, qu'il soit molasson, rapide ou autre : sa voix, son talent, son style reste le même.

Pour vous prouver qu'ils n'ont d'ailleurs pas perdu la main côté écriture, il suffira de vous écouter 'Capital P Capital H', qui joue sur les lettres majuscules comme vous avez pu le deviner. Et pour définitivement montrer qu'ils ont toujours l'art de créer des ambiances malfaisantes et noircies de mélancolie, 'Daydreamin' et 'Speakin So Freely' convaincront mieux les connaisseurs. Et histoire de se satisfaire d'un banger bien sombre dont seul les Mobb Deep ont le secret, passez directement "Backstage Pass". Pas l'ombre du G Unit sur ces trois bons morceaux.

Pass that shit
Certains y voient à travers ce disque une marque de fabrique purement 'G-Unitienne', mais hormis les collaborations il n'y a rien de G Unit au travers de l'aspect musical de l'album. C'est du Mobb Deep version 2006, que ca plaise ou non. Ils reviennent en force avec des sons tous originaux avec ce côté sombre et violent comme par le passé, avec des producteurs différents. Et hormis les bonus déjà connus, voire 'Put Em In Their Place', cet album est nullement commercial avec aucun véritable tube à l'horizon.

Si cet album ne se vend pas bien, il y aura probablement une raison: la majorité des fans de la première heure le bouderont, ne retrouvant pas le Mobb Deep d'antan et ne se laissant pas convaincre par leur nouveau style. De surcroît la plupart des auditeurs du G-Unit n'y verront pas la un produit dont ils s'attendaient de leur écurie et passeront à côté. Cela fera sans aucun doute couler beaucoup d'encre de part et d'autre. Mais enlevez les oeillères, branchez les sonotones et essayez de voir plus loin que ce à quoi vous vous attendiez.

# Posté le jeudi 08 juin 2006 10:16

Modifié le mardi 22 mai 2007 11:04

Chronique - Ghostface Killah : Fishscale

Chronique - Ghostface Killah : Fishscale
Dur de ne pas rester impatient et impassible face à certaines nouvelles sorties. Tout le monde était visiblement pressé d'écouter le 'FishScale' (Def Jam/ Barclay) de Ghostface, son premier album produit sous l'ère Shawn Carter alias Jay-Z. Le buzz a été conséquent effectivement, et les facteurs qui y ont contribué étaient nombreux: le street-album 'Put It On The Line' de Ghostface Killah & Trife Da God, l'annonce d'une collaboration future sur disque avec MF Doom, l'énorme street-single « Be Easy » (produit par Pete Rock) et son refrain accrocheur, ... Mais avant toutes choses, l'envie d'écouter un brillant MC au talent indéniable de part ses performances et son charisme. A en juger le premier extrait officiel bien soulful, « Back Like That » avec la révélation r&b masculine Ne-Yo, 'FishScale' se cale dans la lignée de 'The Pretty Toney'. Mais ne nous y trompons pas, Ghostface aka Toney Starks redébarque sur le ring jouer son titre de champion. Just Blaze reprend d'ailleurs des extraits du film « Rocky » sur « The Champ » pour qualifier et présenter notre fine lame Shaolin:

« This guy is a bulldozer with a wrecking ball attached
He'll leave a ring around your eye and tread marks on your back
He's an animal
He's hungry
You ain't been hungry, since "Supreme Clientele"
Remember what you first told me when I took ya in
You wanted to be a fighter
You wanted to be a killer
You wanted to be the Champ! »

Comme sur son classique 'Ironman', Raekwon vient assister son ami sur pas mal de très bons titres dont « Kilo » et « R.A.G.U. » (prod. Pete Rock). Les amateurs de raps mafieux et fans de Scarface (le film) seront plutôt ravis. La paire se retrouve en bonus track de choix, avec un featuring posthume de Notorious BIG sur « Three Bricks » (prod. Cool & Dre), une chute de studio qui devait figurer à l'origine sur son 'Biggie Duets'. Chose rare pour signalée : le Wu-Tang Clan se retrouve au (grand) complet sur « 9 Milli Bros » (prod. MF Doom), où l'on peut même entendre brièvement la voix d' Ol' Dirty Bastard en train de scander « Brooklyn zoo ». RZA débute les présentations, Ghost ouvre la marche, enchaînent Method Man, Masta Killa, GZA... jusqu'à U-God qui ferme la marche. en tout cas. Aussi, le crew du Theodore Unit et quelques divers membres, Trife en premier avec Cappadonna, prêtent main forte au mic à leur chef de file sur « Jellyfish » (prod. MF Doom) et « Dogs of War » (prod. Pete Rock) avec Raekwon de nouveau. Comme vous le constatez, MF Doom apparaît pas mal à la production, non pas en tant que Metal Face le emcee mais Metal Fingerz. De plus, il remplace très bien RZA et autres de ses réalisations conviennent très bien au personnage énigmatique qu'est Ghost (notamment « Underwater » et « Clipse of Doom »).

« Big Girl » réaffirme le penchant de Ghostface Killah pour les slow-jamz, comme il l'avait sur son précécent album avec « Holla ». Les instrumentaux du regretté J Dilla, qui en réutilise deux parmi son disque instrumental 'Donuts', confirment la tendance avec « Beauty Jackson » et « Whip Me With a Strap » qui traite de la violence conjugale. Dédicace à la seule femme qu'il aime réellement, « Momma », où Ghostface relate son enfance et admire sa mère qui a trimé pour l'éducation de son fils prodige.

Si franchement il y avait moins eu de skits à passer, et un ou deux morceaux du même acabit que « Be Easy », 'FishScale' auraient pu venir égaler 'Ironman' sans conteste. En tout, hormis peut-être le bon single « Back Like That », cet opus n'a absolument rien de mainstream, c'est juste du hip hop pour grands garçons. En tout cas vivement l'album Ghostface/MF Doom.

# Posté le lundi 01 mai 2006 07:11

Chronique - Dudley Perkins : Expressions

Chronique - Dudley Perkins : Expressions
MC Declaime? Non, c'est le « Funky Dudley » Perkins qui a la parole. Cet artiste basé sur la côte ouest est un drôle de personnage, longtemps bercé par la funk, avec un timbre de voix unique en son genre, assez proche d'un Maceo Parker. Pas évident de placer 'Expressions' (Stones Throw/ PIAS) dans une catégorie bien définie: est-ce du hip hop underground? De la soul? Du funk? Et en ce qui concerne son interprétation: du rap, du spoken-word ou du chant? Pour faire simple, c'est tout ces mélanges en même temps. Pas besoin de se poser trop de questions, surtout à l'écoute d'une musique décomplexifiée. A la réalisation de cet opus, le sampleur fou Madlib (Madvillain, Jaylib, Quasimoto...), qui a pioché ses boucles dans de la bonne vieille soul/funk.

Le résultat peut paraître surprenant mais loin d'être désagréable. On tombe dans une retrospective musicale qui correspond parfaitement à la voix caractéristique de Dudley. Ses textes simplistes sont le fruit d'un besoin spontané de s'exprimer librement, comme une sorte d'exutoire (« Testin Me » et « Dear God »). Introspectif, le bonhomme parle un peu de lui, de ses expériences personnelles et de son vécu (« Me », « Separate Ways »). Mais là où il paraît le plus à l'aise, c'est lorsqu'il trippe sur des instrus terriblement funkys comme « Dollar Bill » ou « Get On Up », d'où ressort avec fraicheur ses nettes influences qui vont des Ohio Players à Sly & The Family Stone. On sent aussi un Madlib inspiré et plus accessible que d'habitude, même si on peut critiquer la facilité en ce qui concerne le choix des samples (loin d'êtres connus quand même), genre du neuf avec de l'ancien.

Vive la liberté d' 'expressions'!

# Posté le lundi 01 mai 2006 07:06

Chronique - The Coup : Pick A Bigger Weapon

Chronique - The Coup : Pick A Bigger Weapon
The Coup avait défrayé la chronique avec la pochette de 'Party Music', qui montrait les tours enflammées du World Trade Center. Le sort a voulu que trois mois après que la couverture ait été faite, survenaient les événements tragiques du 11 Septembre 2001. Prémonition? Dans tous les cas, ceci aurait très bien pu sonner la fin du groupe. Mais ça n'est pas le cas, puisque le Boots Riley et sa bande reviennent en 2006 avec un discours plus effronté que jamais et de la musique rap toujours aussi funky.

Vu la localisation géographique du groupe (Oakland), le son est gorgé de funk typiquement californien bien kitsch. En témoigne la coupe de cheveux de Boots, style afro blaxploitation avec des pattes qui descendent le long des joues qui font très « disco sensation ». Cela fait penser entre autre au personnage qu'incarne Ed Griffin dans le film 'Undercover Brother'. Au niveau du discours, on pourrait apparenter notre homme avec son voisin californien Paris, mais avec une arme fatale à base de façon dérisd'humour caustique qui fait mieux passer le message. Sa devise : « Laugh/ Love/ Fuck » and drink liquor. Ses cibles: d'un côté les auditeurs ouverts d'esprit, et de l'autre le gouvernement américain.

« We Are The Ones » nous entraîne directement dans la vibe, Boots Riley incarnant l'antithèse du super-héros. Avec un fond assez engagé, il était presque normal de trouver la crème des MCs conscients sur « My Favorite Mutiny », avec les forces conjointes de Black Thought (The Roots) et Talib Kweli. Capable de tourner au ridicule de façon imagée, le refrain de « Head (of State) » tourne le contexte diplomatique entre les US et l'Irak au ridicule : « Bush and Hussein together in bed/ Giving each H.E.A.D/ Y'all motherfuckers 've heard what we said/ Billions made and millions dead ». Les The Coup déjouent les complots autour des hautes institutions de façon cartoonesque et hilarante. Une chanson est même dédiée aux léche-culs (l'interlude « Yes 'em To Death »), avec le remède qu'il faut pour faire partir l'haleine fétide provoquée par les odeurs qui imprègnent la langue.

Un autre point fort de Boots lyricalement parlant, ce sont ses quelques storytellings, comme le destin tragique de « Tiffany Hall ». Musicalement, un funk infectieux s'empare des ondes environnantes (« Get That Monkey Of Your Back »), jusqu'à pousser le vice dans un délire pop des 80's (« ShoYoAss »). Et même un peu plus loin vers les 70s, avec une ballade à la Bootsy Collins (« I Just Wanna Lay Around All Day In Bed With You »). Pourquoi pas non plus faire une chanson d'amour traînant autour de la Bêtise Humaine (« BabyLet'sHaveABabyBeforeBush Do Something Crazy ») histoire d'ouvrir une polémique langoureuse.

Comme d'habitude, The Coup mettent le doigt là où ça fait mal avec dérision au travers d'un rap groovy à souhait. L'album choc de ce premier semestre 2006.

# Posté le lundi 01 mai 2006 07:03

Chronique - The Others : Past Futuristic

Chronique - The Others : Past Futuristic
Objet:

Leur premier album sorti en 2004 n'ayant pu arriver à un maximum de paires d'oreilles possible, le label (Third Earth) qui les hebergeait à l'époque ayant coulé au moment de sa sortie, The Others (DR, Madwreck and Mattic, emcee's et beatmakers!) ont décidé de rééditer 'Past Fututistic' sur le label du français Wax Tailor (Undercover, distibué par Naive) en y ajoutant un inédit et deux remix d'intérêt. Le but recherché est donc aujourd'hui de faire découvrir ou redécouvrir (pour les rares personnes ayant pu avoir en main la première édition duppliquée a à peine quelques milliers d'exemplaires) cet album.

La prise en compte de vos attentes:

Si vous aimez le hiphop (cela va de soit mais c'est la procédure....).
Si vous aimez le hiphop authentique, lourd, qui vous fait penser avec nostalgie au son des années 90 sans pour autant vous donnez l'impression que c'est dépassé (c'est déjà plus précis...).
Si vous aimez les emcee's qui ne se reposent pas sur de bonnes prods, les beats qui ne font pas que supporter les emcee's, bref les emcee's en osmose avec les instrus.
Si vous aimez écouter un album en vous disant que c'est frais, que vous n'aviez jamais écouter quelque chose de réellement semblable dans l'ensemble auparavant.
Si vous aimez comprendre ce qui se dit, que vous étes anglophone, que vous aimez les bon textes (intelligents et bien construits).
Si vous aimez les rythmes et kits de batterie variés, les samples en tout genre mais particulièrement les boucles d'instruments prises dans leur plus simple appareil, sans effets ou déformation.
Si vous aimez les scratches incisifs, précis et agréables, reprenant des phases d'autres rappeurs.
Si vous aimez les galettes remplies à rabord, sans skit mais avec des interludes instrumentales souvent placées en fin de piste.
Si vous aimez la musique qui se vit, que génère des émotions, qui donne envi de l'écouter avec beaucoup d'attention (surement le point le plus important).
Si vous aimez les retours aux sources à l'image de ce qu'ont fait des artistes comme Termanalogy and Dc, Jin, Masta Ace.... (dans un tout autre style bien sûr!).

Les termes de notre contrat:

Alors vous aimerez, parce que c'est du hiphop et pas n'importe lequel!
Alors vous aimerez, parce que c'est "old shool avec une touche moderne" (dixit Mano).
Alors vous aimerez, parce que ces rappeurs de Charlotte (Caroline du Nord) se sont arrachés!
Alors vous aimerez, parce que c'est original tout en étant authentique (vous me suivez?), on l'écoute en boucle!
Alors vous aimerez, parce que le phrasé et les punchlines de Mattic, DR et Madwreck font mal!
Alors vous aimerez, parce que on trouve de tout, des kits de batterie vieux/modernes, des samples allant de la sombre boucle de piano à l'air de flûte reposant...
Alors vous aimerez, parce que Dj Slate et Dj Shag ne sont pas des petits joueurs en la matière.
Alors vous aimerez, parce qu'avec ses 18 morceaux, la galette dure près de 80 minutes.
Alors vous aimerez, parce que vous allez bouger la tête, sourire, réfléchir et vous reposez.
Alors vous aimerez, parce que The Others est un groupe hiphop avec des artistes qui aiment le hiphop, et cela s'entend...


En attendant que vous écoutiez cet album incontournable et que vous donniez votre avis sur celui-ci, je vous pris d'agréer, 'Hiphopers et Hiphopeuses', l'expression de mes salutations distinguées.

PS: Je tiens à vous souhaiter une très bonne écoute de cet opus, orchestré par un trio qui a du faire un véritable retour vers le futur pour nous pondre un album oscillant avec tant de faciliter entre les nineties et les années 2000.

# Posté le dimanche 23 avril 2006 10:39